Kim Randriambalohery

De la honte aux retrouvailles avec Jésus

J’ai grandi à Madagascar, dans la foi chrétienne. J’ai été dans une école de bonnes sœurs pendant 12 ans. Je croyais en Dieu, mais je ne savais pas vraiment ce que ça pouvait signifier concrètement. Je vivais ma foi dans la peur de l’enfer et du péché, et la culpabilité. La nuit, quand j’entendais un bruit assourdissant, je croyais que Dieu venait me chercher pour me punir d’avoir été “méchante”. C’est vrai que j’avais grandi dans un environnement oú on me répétait sans cesse qu’il fallait que je sois sage, que je me comporte bien et que je fasse toujours bonne impression.

Départ pour la France

En 2002, on a proposé un boulot à ma mère et nous sommes parties pour la France. C’était la première fois que je me suis retrouvée livrée à moi-même, et j’ai atterri dans une école laïque. J’ai délaissé complètement ma foi, car il me semblait que c’était plutôt mal vu que d’être chrétienne et je voulais absolument m’intégrer ; je n’avais plus aucun repère. Ma mère travaillait beaucoup, j’avais 12 ans, et je me sentais terriblement seule, personne avec qui partager ma solitude, ma profonde tristesse, j’avais envie de rentrer chez moi.

Un contrôle absolu de mon image

Durant le collège, le lycée et mes études, j’ai fini par “oublier Dieu” et je me suis enfin intégrée ; je me suis fait des copines, je suis invitée aux sorties et je suis devenue une fille cool. J’ai évité de penser à Dieu, surtout à cause de mes relations avec les garçons, le besoin de séduire.

Avec le recul, je me suis rendue compte, qu’à cette époque, je vivais avec un contrôle absolu de mon image. J’étais très anxieuse et angoissée sans le savoir, j’avais toujours la nausée et le ventre noué. Je fonctionnais en surrégime, je ne pouvais montrer aucune faille, aucune faiblesse. Je mentais à tout va, ma mère s’endettait sans que je le sache, tout cela pour maintenir l’image, ce château de cartes que j’avais bâti. 

Dépression

Et puis, un jour, j’ai craqué. J’avais fait une pause dans mes études après ma L3, je travaillais chez Zara, et je subissais une pression énorme. J’étais épuisée, encore une fois, j’en faisais trop. Il y avait des jours où j’étais tellement angoissée d’y aller que je prenais de l’alcool. Alors, mon corps et mon mental ont dit “STOP”. Je suis partie chez le médecin. Je croyais avoir juste besoin d’un jour de repos. J’en suis ressortie avec un diagnostic de dépression sévère et un arrêt d’une semaine. À partir de là, j’ai arrêté mon travail chez Zara et la dépression ne m’a plus lâchée. Je pleurais tous les jours, je me roulais par terre, je voulais mourir. J’avais tellement mal à l’intérieur que je voulais m’arracher la peau. 

Un rêve effrayant

Je ne pouvais rester seule chez moi, car je pouvais attenter à ma vie. Alors, ma cousine est venue pendant deux semaines. Et elle venait de trouver Dieu. Dans les premiers temps, je ne voulais pas l’écouter tant je souffrais. Je ne voulais pas en plus culpabiliser à cause de Dieu. Elle a été patiente, elle m’en parlait et surtout, je voyais les changements dans sa vie, la paix qu’elle avait trouvée. Et quand je lui ai demandé comment elle faisait, elle m’a tout simplement répondu : “La foi.” Je n’ai pas cherché plus. 

Et puis, un jour, une nuit, j’ai prié. J’ai déballé à Dieu mes misères, mes pensées, mais pas entièrement. Dans la nuit, j’ai rêvé qu’un esprit noir sortait de mon corps. Je l’ai ressenti tellement fort, physiquement, que je me suis réveillée. J’étais complètement déchargée, j’avais sué. J’avais ressenti une telle peur en voyant cet esprit sortir de moi ! Et puis, un énorme soulagement. 

Mon chemin

Après des années de dépression, aujourd’hui, j’ai trouvé un sens à ma vie. J’ai découvert que Dieu ne cherchait pas à me punir et me condamner pour toujours ou pointer du doigt mes péchés. J’ai osé retourner vers lui et il m’a accueillie à bras ouverts, il m’a pardonnée. 

Et étonnamment, aussi choquant que cela puisse paraître, il a donné un sens à ma dépression, il en a fait quelque chose de positif. Le chemin n’est pas toujours facile, aujourd’hui, mais je ne ressens ni honte ni culpabilité.

À tous ceux qui ont besoin d’aide, seulement de parler de leur anxiété, de leur dépression, vous pouvez me contacter. 

Kim

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